document libre de droits issu de la Bibliothèque Nationale de France,
sculpté en bas-relief par Alphonse Darville, visible devant le Quai 10,
situé Quai Arthur Rimbaud

On trouve les premières traces de Charleroi, si l'on se réfère aux cartulaires - grands livres anciens regroupant des cartes et des plans de régions - de l'Abbaye de Lobbes, en 869. C'était une toute petite bourgade entourée de charmes, d'où son nom de Karnoit. Vers 1660, on connaît la petite ville sous le nom de Le Charnoy. Bientôt, tout va changer.

En 1664, l'Espagnol Francisco, Marquis de Castel Rodrigo, devient gouverneur militaire et veut améliorer les défenses de la ville. En 1665, Philippe IV d'Espagne décède; Louis XIV espère alors reprendre la ville aux Espagnols, qui en réponse font tout démolir et reconstruisent l'endroit pour en faire une forteresse. En 1666, la ville est rebaptisée Charleroi (Charles le Roi), en l'honneur du nouveau Roi d'Espagne et des Pays-Bas, Charles II.

Les années qui suivent apportent leur lot de changements à la ville : 1667 voit les Espagnols tenter de détruire la forteresse et la laisser à moitié intacte aux Français. Thomas de Choisy, mandaté en tant qu'ingénieur par le Marquis de Louvois - secrétaire d'État de la Guerre (ministre de la Défense) de Louis XIV -, en profite pour reconstruire la forteresse, tandis que Vauban donne quelques indications fort utiles au sujet de certaines fortifications. En 1678, le Traité de Nimègue rend la ville aux Espagnols. 1693 voit Vauban assiéger Charleroi suite aux ordres de Louis XIV.

En 1697, la ville revient aux mains des Espagnols du fait du Traité de Rijswick, puis revient aux mains des Français. Le Traité d'Utrecht, en 1713, offre Charleroi aux Pays-Bas, tandis que 1714 voit les Autrichiens s'en emparer suite au Traité de Baden. En 1746, les Français reprennent Charleroi, qui est rendue aux Autrichiens en 1748. En 1790, la Révolution Brabançonne commence et la valse entre les pays dirigeants continue : les Autrichiens d'abord, puis les Français en 1792 et à nouveau, en 1793, les Autrichiens s'en rendent maîtres après la défaite française de Neerwinden. En 1794, les armées françaises, aux ordres du Général de Division Jourdan, reprennent Charleroi.

La veille du 18 juin 1815, Napoléon Bonaparte fait halte avec une partie de son armée dans la cour du Château Puissant, malheureusement démoli depuis lors, et est invité à la table de la famille. Le 19 juin à cinq heures du matin, Napoléon repasse par la ville et fait route vers la France.

Après la défaite de Waterloo, les Hollandais occupent la ville et le pays. Le 25 août 1830, la Muette de Portici, cet opéra qui exalte le sentiment de la Patrie et de la Liberté, est écoutée par de nombreuses personnes au Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles; c'est une des raisons de la Révolution Belge, qui donnera enfin au peuple belge les clés de sa destinée.

Charleroi se développe, tant par l'essor de ses industries que par l'amélioration de ses voies de communication, et devient une des villes phares en ce qui concerne l'industrie, aussi bien verrière que métallurgique et houillère.

À tel point que des maîtres verriers de Charleroi, attirés par la demande croissante du secteur verrier américain, iront fonder la ville américaine de Charleroi, près de Pittsburgh, en Pennsylvanie, à la fin du XIXe siècle. On dira aussi des maîtres verriers carolorégiens qu'ils étaient tellement riches qu'ils prenaient leurs bains dans du champagne.

Le rail se développe à Charleroi, et verra notamment la création de la gare de Charleroi-Ouest, rue du Grand Central, nommée ainsi en hommage à une des principales compagnies ferroviaires belges, absorbée comme les autres par la SNCB en 1898.

1914 voit la Première Guerre Mondiale éclater; le 20 août, Charleroi est assiégée par les troupes allemandes, commandées par le Général von Bahrfeldt, qui imposera l'ultimatum suivant au Bourgmestre, Émile Devreux et à l'Échevin des Finances, Émile Buisset : soit la Ville remet aux Allemands la somme de dix millions de francs (environ 550 millions d'euros), 180 tonnes de vivres, de l'essence, du fourrage, des voitures, et toutes les armes aux mains de la population, soit Charleroi est incendiée et rasée.

Ce Traité est entériné le 23 août 1914, le même jour que les massacres perpétrés à Dinant, au Château de Parentville à Couillet. De nombreux affrontements, connus sous le nom de Bataille de Charleroi, ont lieu, entre autres, aux environs du Collège du Sacré-Coeur.

L'Entre-Deux-Guerres voit Charleroi se refaire progressivement une santé. La Seconde Guerre Mondiale revoit les Allemands à Charleroi; des plaques de signalisation de cette époque indiquent d'ailleurs, à deux places, la direction de Philippeville et, plus loin, de la France. De nombreux massacres s'y commettront encore, comme au Tir à Marcinelle et au Bois du Rognac à Courcelles.

À la fin de la guerre, la vie reprend son cours. Les industries fonctionnent, mais on voit déjà un ralentissement dans l'industrie houillère, suite à de nombreux accidents, entre autres au Charbonnage du Bois du Cazier, le 8 août 1956 à Marcinelle, et aussi à la hausse des prix de revient et à la concurrence des pays étrangers.

La vie culturelle, déjà bien représentée à Charleroi grâce au chansonnier Jacques Bertrand, qui a écrit l'hymne bien connu 'Pays de Charleroi', ou au Grand Cirque Bovyn, qui deviendra le Palais des Beaux-Arts en 1957, se voit adjoindre le Palais des Expositions, inauguré dans le début des années 1950 par le Bourgmestre, Joseph Tirou, et l'Échevin des Travaux Publics, Octave Pinkers, qui deviendra Bourgmestre en 1953.

Charleroi est la deuxième plus jeune ville de Belgique, la plus jeune étant Louvain-la-Neuve. Ses coordonnées géographiques sont 50° 24' 40" Nord, et 4° 26' 40" Est. Son histoire, d'abord militaire puis industrielle, tend de plus en plus vers la culture, comme en témoignent le Palais des Beaux-Arts, le Musée des Beaux-Arts et les différents théâtres de la ville, vers le tourisme d'affaires, représenté entre autres par la Géode du Palais des Expositions, vers le sport - pour preuve, le Sporting de Charleroi, le Spiroudôme, les piscines et les autres salles sportives de l'arrondissement - et vers l'enseignement, comme le montrent les nombreuses écoles de la Ville.

Depuis quelques années, le Projet Rive Gauche entreprend de modifier radicalement le visage de Charleroi, en abattant entre autres les Colonnades des années '50. Ceci est devenu, petit à petit, un gigantesque centre commercial, propre à rivaliser non seulement avec les petits commerces des alentours, mais aussi avec le centre commercial Ville 2.

Depuis la fusion des communes, opérée en 1977, Charleroi et son entité regroupent les communes de Couillet, Gilly, Gosselies, Goutroux, Jumet, Lodelinsart, Marchienne-au-Pont, Marcinelle, Monceau-sur-Sambre, Mont-sur-Marchienne, Montignies-sur-Sambre, Ransart et Roux, sans oublier Charleroi elle-même.

Bonne route à travers Charleroi !